Fabrication d’un soufflet d’appareil photo
Toute la difficulté consiste à trouver le bon matériau. Idéalement: fin, souple, parfaitement opaque à la lumière, importante résistance au pliage-dépliage. J’ai fini par trouver une bonne formule, à partir de fournitures relativement faciles à trouver dans des magasins spécialisés.
Cette méthode repose sur l’utilisation de toile d’obscurcissement. Il s’agit d’un tissu destiné à obscurcir des salles de spectacle, chambres noires, etc. Il est composé d’une pellicule opaque en caoutchouc sur un support de toile. On verra qu’il est possible de transférer cette pellicule sur un tissu plus fin pour obtenir le matériau désiré. La couleur de la toile d’obscurcissement a peu d’importance. Celle que j’utilise est blanche.

Matériel

- Soie ou soie mélangée noire très fine (dans les magasins de tissu pour l’habillement)
- Toile d’obscurcissement (dans les magasins de rideaux)
- Colle blanche, pinceau
- Encre acrylique noire (par exemple Liquitex Ink!), ou à défaut peinture acrylique noire.
- Cire blanche (stéarine, paraffine)

Plans
La conception d’un soufflet devient très compliquée dès qu’on s’écarte d’une géométrie prismatique. Le plus simple est de démonter le soufflet original et de copier précisément son plan.
Voici un le plan du soufflet du Fujica GS645 Professional, à imprimer sans réduction ou agrandissement (bien vérifier au moyen de l’échelle de 100 mm).

Fabrication
- Encoller au pinceau la face caoutchoutée du tissu d’obscurcissement avec de la colle blanche légèrement coupée d’eau.
- Y déposer une couche de soie fine. Commencer la pose à une extrémité et progresser lentement pour éviter cloques et plis.
- Bien laisser sécher (opération accélérée par un peu d’air chaud 150°C)
- Retourner, humecter la toile avec un chiffon imbibé d’alcool à brûler. Défaire progressivement quelques fils de la toile d’obscurcissement à une extrémité pour en détacher la membrane opaque en caoutchouc (qui est collée sur la soie) de son support de toile. Ainsi, on a transféré la membrane caoutchoutée de la toile initiale grossière à la soie fine.
- Donner plusieurs couches d’encre acrylique sur chacune des faces, en séchant bien à l’air chaud entre chaque couche. Le matériau du soufflet est prêt.
- Coller directement sur cette toile à soufflet, sur la face en caoutchouc, le plan 1:1 du soufflet. Marquer tous les plis au stylo-bille. Découper le bord au cutter.
- Poser le soufflet sur un sous-main, face caoutchoutée vers le haut. Avec de la bande à masquer, protéger les surfaces qui devront être collées sur les plaques de montage du soufflet, ainsi que la zone de collage pour refermer le souffler sur lui-même.
- Frotter tout le reste de la surface avec de la cire blanche (stéarine ou paraffine). Passer le sécheur jusqu’à faire fondre la cire à la surface du caoutchouc et bien la répartir avec la paume de la main. Répéter l’opération 2-3 fois, jusqu’à ce que la surface luise de façon homogène au passage du sécheur. Ce cirage du caoutchour est important pour éviter que les plis du soufflet se collent lorsque l’appareil reste fermé longtemps.
- Refermer le soufflet sur lui-même comme un tube, coller à la colle blanche.
- Après séchage, procéder au pliage en commençant par la partie la plus large du soufflet.

Résultat
- La recette ci-dessus permet de fabriquer des soufflets très souples, durables, avec une surface extérieure toilée très esthétique et une surface intérieure noire mate.
- Inconvénients: cette méthode de fabrication ne comporte pas de renforts intérieurs, et nécessite donc un pliage soigneux. Mais une fois monté, un tel soufflet est stable.
- Ne convient pas à la réalisation de soufflets de grandes dimensions.